dimanche 13 juin 2010

Partir

Un voyage est une construction, un chemin, une vie.
Une vie construite en un temps donné, court et intense, un temps d'apprentissage, d'adaptation ; un temps de découverte, de croissance, de gain d'assurance, de développement ; un temps de questionnements et un temps de "tout est possible".


La fin d'un voyage de plusieurs mois n'est ni plus ni moins qu'une petite mort.
Et puis il y a cette fin inexorable, ce retour a une autre réalité, à d'autres relations, c'est un temps de transition où l'on quitte ce que l'on aime pour ce que l'on a aimé, sans savoir ce qu'on retrouvera.
La fin d'un voyage, ce sont les adieux humides, les embrassades si difficiles à relâcher. La fin d'un voyage c'est la perte, la promesse d'une incertitude et l'envie d'une éternité.

Partir, c'est avoir le courage d'étreindre une dernière fois, le courage de respirer ces parfums qui vous manqueront, partir c'est écouter une voix avec toute son attention, pour la graver, partir c'est inspirer une dernière fois, fermer les yeux, tourner sur soi-même et marcher droit devant, avec cette boule dans la gorge qui vous dit comme vous êtes vivant. Partir c'est ne rien laisser, il faut battre les vents, les tempêtes d'émotion pour enfermer ses souvenirs, ses sensations, ses partages dans une boite en fer blanc. Il faut ensuite tremper son pinceau de soie, de soi, pour peindre son monde intérieur de toutes les couleurs, les sourires, les rires que l'on a partagé. Partir c'est ne rien emporter, c'est sourire à la perte pour rendre hommage à tout ce qu'on a gagné.
Partir, c'est rester intensément un très court moment pour accepter l'inconnu, c'est vivre tout en un instant, embrasser l'univers et se donner au vent.

Humilité


Le Christ rédempteur, Rio - 2010